Emmanuel Grégoire

PS – PCF – Les Écologistes

Emmanuel Grégoire, 48 ans, est député de Paris et ancien premier adjoint à la maire de Paris Anne Hidalgo (2020-2024). Énarque de formation, il conduit la liste de l'Union de la Gauche (hors LFI) aux municipales 2026. Il n'est pas personnellement mis en examen, mais sa co-responsabilité politique dans la gestion de la Ville de Paris est questionnée.

Toutes les personnes mentionnées bénéficient de la présomption d'innocence. Les informations ci-dessous sont issues de sources publiques.

Violences sexuelles dans le périscolaire parisien

Quels sont les faits ?

En 2025, environ quarante animateurs périscolaires de la Ville de Paris ont été suspendus, dont une vingtaine pour des soupçons d'agressions sexuelles sur des enfants. En janvier 2026, un reportage de « Cash Investigation » (France 2) a documenté, caméra cachée, des violences verbales et des comportements inappropriés d'agents municipaux dans les écoles.

Emmanuel Grégoire avait la supervision directe de ce domaine, d'abord comme adjoint aux ressources humaines (2014-2017), puis comme premier adjoint (2018-2024). Il a déclaré : « Ces affaires ne sont jamais remontées sur mon bureau », tout en reconnaissant : « Je me sens personnellement responsable. »

Des critiques ont dénoncé une « omerta » au sein de la mairie, où des animateurs problématiques auraient été simplement transférés d'une école à une autre plutôt que sanctionnés ou signalés.

Pourquoi ça pose problème ?

La protection des enfants dans les établissements scolaires et périscolaires relève de la responsabilité directe de la collectivité. Le fait que des dizaines de cas d'agressions sexuelles aient pu se produire sur plusieurs années sans que l'exécutif municipal n'en soit informé — ou sans qu'il agisse — pose de graves questions de défaillance institutionnelle et de chaîne de responsabilité.

Explosion rue de Trévise — La Ville de Paris mise en examen

Quels sont les faits ?

Le 12 janvier 2019, une explosion de gaz au 6 rue de Trévise (9e arrondissement) a causé la mort de 4 personnes et blessé 66 autres. Les experts judiciaires ont conclu à « une défaillance de vigilance et de compétences techniques du service municipal de la voirie » et estimé que « l'explosion aurait pu être évitée ».

En septembre 2020, la Ville de Paris a été mise en examen pour homicide involontaire. En février 2025, trois juges d'instruction ont ordonné le renvoi en procès. Le procès, initialement prévu le 12 février 2026, a été reporté à octobre-décembre 2026 — les avocats de la Ville ayant demandé ce report pour ne pas « nuire au fonctionnement démocratique des élections de mars 2026 ».

Pourquoi ça pose problème ?

En tant que premier adjoint lors de la période post-explosion, Emmanuel Grégoire est une figure centrale de l'exécutif municipal mis en cause. La Ville de Paris est renvoyée en procès pour homicide involontaire — un fait gravissime pour une collectivité. Le report du procès pour raisons électorales a suscité de vives critiques de la part des victimes et de l'opposition.

Report du procès Trévise pour protéger la campagne

Quels sont les faits ?

Le procès de la Ville de Paris pour homicide involontaire dans l'affaire de la rue de Trévise était initialement fixé au 12 février 2026 — soit un mois avant les élections municipales. Les avocats de la Ville ont obtenu son report à octobre-décembre 2026, au motif de ne pas « nuire au fonctionnement démocratique des élections de mars 2026 ».

Les victimes, qui attendent justice depuis plus de sept ans sans avoir été indemnisées pour la plupart, ont vivement critiqué cette manœuvre. La Ville de Paris a provisionné 20 millions d'euros pour les indemnisations, mais de nombreuses victimes n'ont toujours rien reçu.

Pourquoi ça pose problème ?

Obtenir le report d'un procès pénal pour des raisons électorales est perçu comme une instrumentalisation de la justice au profit d'un candidat. Cette décision prive les victimes de leur droit à un procès dans un délai raisonnable et soulève la question de l'utilisation des moyens juridiques de la collectivité au service d'intérêts partisans.

Tour Triangle — Enquête du PNF pour favoritisme

Quels sont les faits ?

La Tour Triangle est un projet controversé de gratte-ciel de 180 mètres à la Porte de Versailles. En juin 2021, le Parquet national financier (PNF) a ouvert une enquête préliminaire pour « favoritisme » et « recel de favoritisme », à la suite d'une plainte d'Anticor et d'un signalement de Rachida Dati, eux-mêmes fondés sur un rapport de la Chambre régionale des comptes d'Île-de-France de juillet 2020.

Des perquisitions ont été menées à l'Hôtel de Ville de Paris, avec saisie de documents dans les directions de l'urbanisme, des affaires juridiques, des finances et le cabinet d'Anne Hidalgo.

Pourquoi ça pose problème ?

Emmanuel Grégoire était adjoint à l'urbanisme (2020-2024) et supervisait directement ce dossier. Il a déclaré être « très serein » malgré l'enquête du PNF. Le projet remonte à l'ère Delanoë, mais Grégoire a activement poussé la construction pendant son mandat, ce qui engage sa responsabilité politique dans un potentiel favoritisme en matière de marché public.

« Tahitigate » — Voyage à Tahiti aux frais du contribuable

Quels sont les faits ?

En octobre 2023, Anne Hidalgo s'est rendue à Tahiti, officiellement pour inspecter le site olympique de surf de Teahupo'o, puis a prolongé le séjour de deux semaines de vacances personnelles avec une délégation de six personnes, pour un coût total d'environ 60 000 euros prélevés sur le budget de la Ville de Paris. Détail notable : 10 000 euros ont été facturés pour 5 Go de données mobiles.

Le Parquet national financier (PNF) a ouvert une enquête pour prise illégale d'intérêts et détournement de fonds publics. Des perquisitions ont été menées à l'Hôtel de Ville de Paris en mars 2024.

Pourquoi ça pose problème ?

En tant que premier adjoint et gardien des finances parisiennes, Emmanuel Grégoire a laissé engager cette dépense de fonds publics pour un voyage partiellement privé, sans objection ni contrôle apparent. Il porte une co-responsabilité politique directe dans cette utilisation contestée de l'argent des contribuables parisiens.

Notes de frais des élus parisiens (robes Dior, Burberry…)

Quels sont les faits ?

En mai 2025, l'association Transparence Citoyenne a obtenu, après décision du tribunal administratif, la publication des notes de frais des élus parisiens. Anne Hidalgo a dépensé 210 000 euros en quatre ans (2020-2024), dont 84 200 euros en vêtements (robes Dior à 6 320 euros, manteau Burberry à 3 067 euros) et 125 000 euros en voyages.

Éric Lejoindre, maire du 18e arrondissement et directeur de campagne d'Emmanuel Grégoire, a été épinglé par la Chambre régionale des comptes pour des dépenses personnelles payées sur fonds publics : repas familiaux, coupe de cheveux en vacances, bouteille de vin à 104 euros, pizzas pour ses enfants.

Emmanuel Grégoire affirme n'avoir eu que 400 euros de frais de représentation sur cinq ans.

Pourquoi ça pose problème ?

En tant que premier adjoint et responsable du budget, Emmanuel Grégoire supervisait le système de frais de représentation sans contrôle suffisant. Le fait que son propre directeur de campagne soit directement mis en cause pour des dépenses personnelles sur fonds publics pose la question de la culture de gestion au sein de l'exécutif municipal qu'il dirigeait.

Sureffectifs municipaux et gestion des ressources humaines

Quels sont les faits ?

La Chambre régionale des comptes et la fondation IFRAP ont documenté des effectifs municipaux pléthoriques : Paris emploie 55 000 agents pour 2,2 millions d'habitants, soit un agent pour 39 habitants (contre 1 pour 107 à Londres, 1 pour 95 à Rome, 1 pour 62 à Lyon). Le coût moyen par agent est passé de 41 300 à 51 455 euros (+24,6 %).

Les agents bénéficient de 55 jours de congés annuels (25 jours de vacances + 4 « jours du maire » + 4 « jours neige » + 22 jours RTT), contre 35 jours dans les collectivités comparables. Les cabinets des maires d'arrondissement comptent 229 collaborateurs, contre 81 postes réglementaires.

Pourquoi ça pose problème ?

Emmanuel Grégoire était directement en charge des ressources humaines (2014-2017) et a maintenu ces pratiques de gestion généreuse des effectifs et des congés. La masse salariale a augmenté de 31 % entre 2021 et 2024, contribuant directement à l'explosion de la dette et à l'augmentation de 52 % de la taxe foncière.

Sources

Gauche / Droite / Centre = positionnement éditorial habituel du média.

Fiascos Vélib' et Autolib' (233 M€ de dette)

Quels sont les faits ?

Le nouveau Vélib' déployé en janvier 2018 a été un fiasco : en avril 2018, seules 670 des 1 400 stations prévues étaient opérationnelles, les vélos ne pouvaient être déverrouillés, et la recharge électrique ne fonctionnait pas. Autolib' (voitures électriques en libre-service Bolloré) a été résilié le 21 juin 2018 avec 233 millions d'euros de dette.

En février 2025, la Ville de Paris a été condamnée à verser 66 millions d'euros de dommages et intérêts au groupe Bolloré pour la résiliation d'Autolib'.

Pourquoi ça pose problème ?

Emmanuel Grégoire est devenu premier adjoint en 2018, précisément au moment où les deux crises ont atteint leur paroxysme. En tant que numéro deux de l'exécutif municipal, il porte une co-responsabilité dans la gestion de ces concessions de service public. Le fiasco Autolib' a coûté des centaines de millions d'euros aux contribuables parisiens, et le dysfonctionnement du Vélib' a privé les Parisiens de mobilité partagée pendant des mois.

Surfacturations chez Paris Habitat

Quels sont les faits ?

En février 2026, Le Parisien a révélé qu'une entreprise de construction (SMRD Bat 92) chargée de rénover des logements sociaux est accusée de surfacturation systématique auprès de Paris Habitat (128 000 logements sociaux gérés), avec la complicité présumée de responsables de l'office HLM. Les bons de commande auraient été gonflés de plus de 50 %, détournant des centaines de milliers d'euros.

En tant qu'adjoint aux finances puis à l'urbanisme, Emmanuel Grégoire exerçait la tutelle politique sur Paris Habitat. Plusieurs candidats de sa propre liste (Éric Pliez, Jérôme Coumet, Ian Brossat) auraient été informés de ces soupçons par les syndicats.

Pourquoi ça pose problème ?

Le détournement de fonds publics dans le logement social est particulièrement grave dans un contexte de crise du logement à Paris. La question de ce que savait l'exécutif municipal et à quel moment se pose avec acuité.

Explosion de la dette de Paris (4,1 à 8,6 milliards €)

Quels sont les faits ?

Sous la mandature Hidalgo-Grégoire, la dette de la Ville de Paris est passée de 4,18 milliards d'euros en 2014 à 8,6 milliards en 2024 (projetée à 9,3 milliards fin 2025) — soit un quasi-doublement. En 2024, Paris a affiché un déficit de fonctionnement de 230 millions d'euros. La masse salariale a augmenté de 31 % entre 2021 et 2024 (de 2,16 à 2,83 milliards d'euros). La taxe foncière a été augmentée de 52 % en 2023.

La Chambre régionale des comptes d'Île-de-France a alerté sur une dérive budgétaire majeure, un effondrement de la capacité d'épargne et des ratios d'endettement insoutenables.

Pourquoi ça pose problème ?

Le doublement de la dette et l'augmentation record de la taxe foncière posent la question de la soutenabilité financière de la gestion municipale dont Emmanuel Grégoire, en tant que premier adjoint puis adjoint aux finances, était l'un des principaux artisans. Des observateurs l'accusent d'avoir cherché à minimiser la réalité de la situation budgétaire auprès des Parisiens.